J’avais 6 ans quand mes parents ont quitté la France.
Sans moi.
Fille d’immigrés, je me suis retrouvée chez ma tante du jour au lendemain.
Plus de repères.
Pas d’explications.
Un vide immense.
Alors j’ai rempli ce vide : le pain, les gâteaux, tout ce qui pouvait apaiser la sensation d’abandon.
Chaque kilo devenait une armure entre moi et le monde.
Les années ont passé, la balance a affiché 160 kilos.
Je me cachais derrière des petits boulots à 5h ou 23h pour disparaître.
Plus j’essayais de maigrir, plus je perdais le contrôle : ces épisodes où je mangeais sans faim revenaient, encore et encore.
J’ai frappé à des portes, investi dans des accompagnements : l’effet ne durait pas.
J’avais des pièces du puzzle, pas encore la méthode.